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Bijoux et tissus • Bwa • Burkina Faso
 

Pendentif amulette Bwa

Ce pendentif Bwa représente de façon symbolique un croissant de lune, ainsi que trois oiseaux. Porté autour du cou à l'aide d'un lacet de cuir, il préservait des esprits malveillants et des maladies.
17ème / 19ème siècle.


Origine : Burkina Faso (Région de Houndé)
Type : Bijoux et tissus
Ethnie : Bwa
Matière : Bronze patiné par l'usage, exécuté et fondu par le procédé de la cire perdue

2929


Bijoux et tissus • Dogon • Mali
 

Pendentif Dogon

Ce pendentif Dogon représente de façon symbolique l'astre solaire et son rayonnement. Porté autour du cou à l'aide d'un cordon de cuir, il était l'apanage du chef de ginna (maison du lignage), et parfois de certaines personnes très âgées. Le pendentif lui-même était porteur de la force spirituelle et protectrice du lignage, car il n'est pas seulement un ornement mais aussi le témoin de l'identité culturelle.
17ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région des falaises de Bandiagara)
Type : Bijoux et tissus
Ethnie : Dogon
Matière : Bronze patiné par l'usage, exécuté et fondu par le procédé de la cire perdue

2916


Bijoux et tissus • Kuba • République dém. du Congo (Zaïre)
 

Tissu Kuba

Ce tissu de raphia était utilisé comme monnaie de mariage, et constituait un élément de la dot d'une jeune femme Bushoong. Il représentait également une part du trésor familial, et pouvait servir de monnaie d'échange. De même que dans d'autres sous-tribus Kuba, Bangyeen ou Bangwoong, les hommes sont seuls à avoir la responsabilité de la préparation des fibres végétales nécessaires. La réalisation du tissage et des broderies était confiée aux femmes enceintes. Le tissu, objet de prestige, est alors décoré de motifs brodés et imbriqués, chaque symbole portant un nom correspondant à la forme spécifique qu'il représente.
Fin du 19ème / début du 20ème siècle.


Origine : République dém. du Congo (Zaïre) (Région du fleuve Kasaï)
Type : Bijoux et tissus
Ethnie : Kuba (Bushoong)
Matière : Raphia, pigments naturels

4291

Tissu Kuba

Ce tissu de raphia était utilisé comme monnaie de mariage, et constituait un élément de la dot d'une jeune femme Bushoong. Il représentait également une part du trésor familial, et pouvait servir de monnaie d'échange. De même que dans d'autres sous-tribus Kuba, Bangyeen ou Bangwoong, les hommes sont seuls à avoir la responsabilité de la préparation des fibres végétales nécessaires. La réalisation du tissage et des broderies était confiée aux femmes enceintes. Le tissu, objet de prestige, est alors décoré de motifs brodés et imbriqués, chaque symbole portant un nom correspondant à la forme spécifique qu'il représente.
Fin du 19ème / début du 20ème siècle.


Origine : République dém. du Congo (Zaïre) (Région du fleuve Kasaï)
Type : Bijoux et tissus
Ethnie : Kuba (Bushoong ou)
Matière : Raphia, pigments naturels

4293

Vêtement cérémoniel Kuba

Ce tissu de raphia est une jupe (appelée ncaka kot) qui était portée par les femmes Kuba lors des funérailles ou pour des occasions spéciales. Ce type de jupe était utilisé par la famille et les proches du défunt pour célébrer et commémorer sa vie passée. Comme dans la plupart des groupes voisins des Kuba, les hommes sont seuls à avoir la responsabilité de la préparation des fibres végétales nécessaires, ainsi que la réalisation du tissage lui-même.
La jupe est décorée de motifs brodés et imbriqués, chaque symbole porte un nom correspondant à la forme spécifique qu'il représente.

Fin du 19ème / début du 20ème siècle.

Provenance : Collection Yves Develon, Paris


Origine : République dém. du Congo (Zaïre)
Type : Bijoux et tissus
Ethnie : Kuba (Bushoong)
Matière : Raphia

2932


Bijoux et tissus • Lobi • Burkina Faso
 

Bracelet Lobi

Ce lourd et très ancien bracelet de bronze, Lobi ou peut être Fra-Fra, était très probablement un cadeau de mariage, d'un père à sa fille ou d'un homme à sa femme. Elle conservera ce bracelet tout au long de sa vie, car il n'est pas seulement un ornement mais aussi le témoin de l'identité culturelle et tribale, et du statut social de la femme qui le porte.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Burkina Faso
Type : Bijoux et tissus
Ethnie : Lobi
Matière : Bronze patiné par l'usage, exécuté et fondu par le procédé de la cire perdue

2531

Pendentif amulette Lobi

Ce pendentif Lobi, ou plus probablement Loro, représente de façon symbolique et abstraite quatre têtes de serpents, ou crocodiles, réunis autour d'un motif circulaire. Porté autour du cou à l'aide d'un lacet de cuir, il préservait des esprits malveillants et des maladies. Ce pendentif est porteur de la force protectrice du lignage.
Située à l'ouest de la Volta Noire, cette région révèle depuis fort longtemps une production artistique d'objets en bronze de très grande qualité. Bénéficiant à la fois du soutien des Lobi et des Koulango, fournis en matière première par les marchands Dioula, les Loro se sont imposés en maîtres dans le travail des métaux.
17ème / 19ème siècle.


Origine : Burkina Faso (Région frontalière de la Côte d'Ivoire)
Type : Bijoux et tissus
Ethnie : Lobi (ou Loro)
Matière : Bronze patiné par l'usage, exécuté et fondu par le procédé de la cire perdue

4338


Bijoux et tissus • Mossi • Burkina Faso
 

Epingle à cheveux Mossi

Cette épingle à cheveux Mossi, surmontée de deux oiseaux finement sculptés, préservait des esprits malveillants et des maladies. Il s'agit très probablement de calaos, une espèce fréquemment associée à la fertilité des cultures.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Burkina Faso (Région de Kaya)
Type : Bijoux et tissus
Ethnie : Mossi
Matière : Bronze patiné par l'usage, exécuté et fondu par le procédé de la cire perdue

2947


Bijoux et tissus • Senoufo • Côte d'Ivoire
 

Amulette Senoufo

Cette petite amulette représentant un couple était portée par les femmes et les hommes, au cou ou au bras, parfois attachée au vêtement, pour se protéger des génies de la forêt.


Origine : Côte d'Ivoire (région frontalière du Burkina, ou Senoufo du Burkina Faso)
Type : Bijoux et tissus
Ethnie : Senoufo
Matière : Bronze, ancienne et profonde patine d'usage, exécuté et fondu par le procédé de la cire perdue

5343

Pendentif amulette Senoufo

Ce pendentif représente un couple de caméléons, qui sont parmi les premiers animaux de la création dans la mythologie Senoufo. Ce type de pendentif était porté sur les conseils d'un devin-guérisseur, afin de se protéger des maladies.
19ème siècle.


Origine : Côte d'Ivoire
Type : Bijoux et tissus
Ethnie : Senoufo
Matière : Bronze, ancienne et profonde patine d'usage, exécuté et fondu par le procédé de la cire perdue

5347


Bijoux et tissus • Tellem • Mali
 

Pendentif Dogon

Les pendentifs Dogon représentant un personnage sont extrêmement rares. Celui-ci se tient les jambes légèrement fléchies et séparées, une main reposant sur le visage, l'autre sur le genou. La bouche est légèrement entrouverte.

Cet objet d'une très grande ancienneté serait attribuable aux Tellem ou aux Soninké. Il pourrait provenir de la région du delta intérieur du Niger ou du Guimbala, la partie ouest des falaises de Bandiagara. La gestuelle de se masquer la face pourrait être rapprochée de certaines activités rituelles des Dogon, comme par exemple se cacher le visage lors des funérailles en signe de désespoir.

Empreinte de réalisme, de douleur, mais aussi d'une grande sensualité, cette sculpture est sans doute l'une des plus émouvantes de cette exposition. Elle peut être considérée comme l'un des chefs-d'œuvre de l'art des anciens forgerons du Mali.
11ème / 15ème siècle.


Origine : Mali (Delta intérieur du Niger)
Type : Bijoux et tissus
Ethnie : Tellem / Dogon
Matière : Etain pauvre natif

2962


Bijoux et tissus • Touareg • Mali
 

Pendentif talisman Touareg

Ce pendentif Touareg est composé d'une âme de métal recouverte de cuir, et faisait office de talisman protecteur. Cet exemplaire présente l'originalité d'être décoré de deux perles accrochées par des lacets de cuir : l'une provenant de Murano (ville d'Italie réputée pour le talent de ses verriers), l'autre étant une perle d'ambre jaune.

18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région saharienne)
Type : Bijoux et tissus
Ethnie : Touareg
Matière : Plaquage d'argent, de bronze et de cuivre, cuir, perles anciennes (Murano), patine d'usage

2345

Pendentif talisman Touareg

Ce pendentif Touareg est composé d'une âme de métal recouverte de cuir, et faisait office de talisman protecteur.

Probablement milieu du 19ème siècle.


Origine : Mali (Région saharienne)
Type : Bijoux et tissus
Ethnie : Touareg
Matière : Plaquage d'argent, cuir, patine d'usage

2390


Eléments d'architecture • Dogon • Mali
 

Pilier de Toguna Dogon

Le toguna (« abri des hommes ») est l'endroit où se réunissent les hommes pour débattre des affaires du village ; c'est aussi un lieu communautaire où la parole des anciens fait loi. Il peut exister un toguna central au village, mais aussi d'autres petits toguna secondaires de quartier. Dans les villages de la falaise, et contrairement à ceux rencontrés dans la plaine du Seno, les piliers de toguna sont plutôt réalisés en pierres ou en torchis (voir photos). Cet abri, de structure ouverte, est constitué d'un nombre important de piliers (idéalement huit) qui supportent des poutres, elles-mêmes recouvertes de huit épaisseurs de paille liée en fagots. Ces huit niveaux, au même titre que les huit piliers, se réfèrent aux huit nommo ancestraux à l'origine de l'humanité (cosmogonie Dogon). Le toit est bas, obligeant ainsi les hommes à rester assis durant les discussions.
Ces piliers sont généralement ornés d'un dege (génie protecteur aux significations multiples). Bien que s'agissant d'un lieu réservé aux hommes, ils sont souvent sculptés de représentations féminines ou de symboles liés à la fertilité. Sur celui-ci, le dege est une paire de seins symbolisant la fertilité et la mère nourricière. Les motifs situés en dessous et au dessus représentent la pluie, ainsi que les champs cultivés.


Origine : Mali (Région de la plaine du Seno)
Type : Eléments d'architecture
Ethnie : Dogon
Matière : Bois lourd, patine naturelle érodée

2364

Pilier de Toguna Dogon

Le toguna (« abri des hommes ») est l'endroit où se réunissent les hommes pour débattre des affaires du village ; c'est aussi un lieu communautaire où la parole des anciens fait loi. Il peut exister un toguna central au village, mais aussi d'autres petits toguna secondaires de quartier. Dans les villages de la falaise, et contrairement à ceux rencontrés dans la plaine du Seno, les piliers de toguna sont plutôt réalisés en pierres ou en torchis (voir photo).
Cet abri, de structure ouverte, est constitué d'un nombre important de piliers (idéalement huit) qui supportent des poutres, elles-mêmes recouvertes de huit épaisseurs de paille liée en fagots. Ces huit niveaux, au même titre que les huit piliers, se réfèrent aux huit nommo ancestraux à l'origine de l'humanité. Le toit est bas, obligeant ainsi les hommes à rester assis durant les discussions.
Ces piliers sont généralement ornés d'un dege (génie protecteur aux significations multiples). Bien que s'agissant d'un lieu réservé aux hommes, ils sont souvent sculptés de représentations féminines ou de symboles liés à la fertilité.


Origine : Mali (Région de Somanagoro, plaine du Seno)
Type : Eléments d'architecture
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, ancienne patine d'usage

2968

Porte de sanctuaire Dogon

Cette très ancienne porte de sanctuaire Dogon est sculptée de cinq registres de nommo. Les rangées de nommo symbolisent une importante force magique et religieuse, généralement réservée au sanctuaire des prêtres du binu (voir photo). Cette force est alors, selon les croyances animistes des Dogon, partie intégrante de la porte. Dans le mythe Dogon de la création de la Terre, le dieu amma donna naissance à un personnage appelé nommo (le nommo anagonno, premier être vivant symbolisé par un poisson). Des vibrations de la matière, engendrées par amma, naîtra l'univers. Ce nommo donna lui-même naissance à quatre couples mixtes de nommo, considérés comme étant les huit ancêtres de l'Homme et les quatre éléments.

La facture de cette porte de sanctuaire, son style austère et traditionnel, ainsi qu'un bois dense et très érodé, font de cette pièce exceptionnelle, toute empreinte de noblesse, l'un des exemplaires les plus aboutis de la grande sculpture Dogon.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali
Type : Eléments d'architecture
Ethnie : Dogon
Matière : Bois dense et érodé

2130

Porte Dogon

Cette très belle et ancienne porte Dogon est décorée de quatre seins sculptés en relief, et suggérant l'importance de la femme dans la société Dogon (symbole de fertilité). Constituée de deux parties jointes à leurs extrémités, cette porte fonctionne à l'aide de pivots, l'un fixé dans le sol et l'autre dans le linteau.

Les portes, bien que représentant une protection mécanique, sont renforcées d'un système de protection étroitement lié à la représentation de symboles. Que les motifs soient simplement anecdotiques ou bien liés à la figuration d'éléments culturels ou mythologiques, ils établissent l'appartenance du propriétaire à un lignage familial et traduisent sa position sociale ainsi que son statut. Comme la plupart des objets en bois, les portes étaient entièrement sculptées par le forgeron du village (jemene) à l'aide d'une herminette. Les marques apparentes de celle-ci, ainsi qu'une très belle patine d'usage, attestent de la grande ancienneté de cet objet.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali (Falaises de Bandiagara)
Type : Eléments d'architecture
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, très belle et épaisse patine noire d'usage

5297

Volet de grenier Dogon

Ce très ancien petit volet était fixé sur la partie haute du mur d'un grenier à grains. Il permettait l'accès, tout au long de l'année suivant les récoltes, aux denrées stockées à l'intérieur (mil, sorgho, riz, maïs, fonio, …). Les greniers Dogon sont étroits, de forme carrée ou ronde, avec une structure en bois recouvert de torchis et isolée du sol, et généralement une toiture de chaume ou simplement en terrasse (voir photo).

Les chevrons symbolisent le serpent lebe, grand ancêtre fondateur qui guida le peuple Dogon vers les falaises, ainsi que la pluie. Le motif central représente l'origine de l'univers, les points cardinaux, et les quatre nommo originels : amma serou, lebe serou, binu serou et diogou serou. C'est également le symbole de l'Arche céleste d'amma qui figure la création de la Terre, ainsi que par association les quatre éléments (la terre, l'air, l'eau et le feu).

Les volets sont un système de protection étroitement lié à la représentation de symboles. Que les motifs soient simplement anecdotiques ou bien liés à la figuration d'un thème mythologique, ils établissent l'appartenance du propriétaire à un lignage familial et traduisent sa position sociale ainsi que son statut.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Ende, falaises de Bandiagara)
Type : Eléments d'architecture
Ethnie : Dogon
Matière : Bois à patine grise, recouverte par endroits d'un engobe croûteux

2215

Volet de grenier Dogon

Les volets était fixé sur la partie médiane du mur d'un grenier à grains, et permettait l'accès aux denrées stockées à l'intérieur. Les greniers Dogon sont étroits, de forme carrée ou ronde, avec une structure en bois recouvert de torchis et isolée du sol, et généralement une toiture de chaume. L'intérieur est constitué de quatre compartiments égaux, et un pot de terre scellé au centre permet de dissimuler des biens personnels ou précieux.

Ce très rare volet présente la particularité d'avoir en son centre un autre volet plus petit. La serrure (ta koguru), ainsi que l'élément servant de butoir à sa traverse, est surmontée d'un oiseau. Le volet central permettait d'accéder à une autre serrure dissimulée à l'arrière du volet (et donc à l'intérieur du grenier), et qui elle ouvrait le volet principal. Ce mécanisme est très différent de celui utilisé généralement sur les greniers (voir photos).

Les volets et les serrures protègent le contenu des greniers essentiellement par leur présence symbolique, il est donc très rare de trouver ce système présentant une double sécurité.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali (Région de Dourou, falaises de Bandiagara)
Type : Eléments d'architecture
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, fer, et très ancienne patine d'usage

2363

Volet de grenier Dogon

Ce volet de grenier à grains est sculpté d'un crocodile (ayo), animal symbolisant à la fois l'eau fécondatrice des cultures et défendant contre les voleurs. Le crocodile (ou caïman) est l'un des animaux totémiques des Dogon vivant dans les falaises de Bandiagara. On le retrouve aussi bien représenté sur les volets, que sur les poteaux de case, les portes, ou les serrures de case ou de grenier. Le crocodile symbolise l'ancêtre binu serou. De même, binu serou symbolise l'un des quatre éléments : l'eau (l'air étant symbolisé par amma serou, la terre par lebe serou, et le feu par diogou serou). Ce volet était très probablement posé sur un grenier appartenant à un prêtre du binu (culte dédié aux ancêtres fondateurs et protecteurs du lignage).

Les volets protègent le contenu des greniers essentiellement par leur présence symbolique, ils ne sont donc pas systématiquement munis d'une serrure. D'ailleurs, à ce titre, la serrure peut être considérée comme un ajout symbolique plutôt qu'une réelle protection mécanique. Ceci explique la raison pour laquelle les volets sculptés de motifs ou de représentations n'en ont que rarement, et pourquoi la plupart des volets « simples » sont pourvus d'une serrure. Sculpté par le forgeron du village pour le hogon (chef spirituel et religieux) et les notables, les volets sont un des éléments majeurs de l'art Dogon. La surface extrêmement ravinée de celui-ci est le signe d'une très grande ancienneté (probablement entre le 16ème et le 18ème siècle).
Ce volet provient de la partie abandonnée de l'ancien village de Banani, située juste au pied des falaises. Pour des raisons pratiques d'accessibilité au cultures, et les Dogon n'ayant plus besoin d'une protection naturelle contre les invasions, un nouveau village s'est construit courant du 19ème siècle en bas des éboulis. Depuis, seuls les sanctuaires et les guérisseurs demeurent dans la partie abandonnée du village. Cette partie est généralement considérée comme sacrée et inaccessible (voir photos).


Origine : Mali (Région du village de Banani, cercle de Bandiagara)
Type : Eléments d'architecture
Ethnie : Dogon
Matière : Bois brun clair très dense, patine de surface ravinée

2374

Volet de grenier Dogon

Ce très ancien volet était fixé sur la partie médiane du mur d'un grenier à grains, et permettait l'accès aux denrées stockées à l'intérieur. Les greniers Dogon sont étroits, de forme carrée ou ronde, avec une structure en bois recouvert de torchis et isolée du sol, et généralement une toiture de chaume (voir photo).

Les chevrons symbolisent le serpent lebe (mythe Dogon de la création du monde), ainsi que la pluie fécondatrice des cultures. Au centre, des tortues sont représentées de façon très abstraite. La tortue d'eau est l'un des animaux totémiques des Dogon. On la retrouve aussi bien sur les volets, que sur les poteaux de case, les portes, ou les serrures de case ou de grenier (ta koguru). Animal aquatique lié à la fertilité des cultures, dépositaire du lignage de la ginna, elle protège le grenier des voleurs de par son pouvoir symbolique, et en général conjure le mauvais sort.
Sculpté par le forgeron du village pour le hogon (chef spirituel et religieux) et les notables, les volets sont un des éléments majeurs de l'art Dogon. La surface extrêmement ravinée est le signe d'une grande ancienneté.


Origine : Mali (Région des falaises de Bandiagara)
Type : Eléments d'architecture
Ethnie : Dogon
Matière : Bois brun clair, patine ravinée

2552

Volet de grenier Dogon

Ce volet était fixé sur la partie médiane du mur d'un grenier à grains, et permettait l'accès, tout au long de l'année suivant les récoltes, aux denrées stockées à l'intérieur (mil, sorgho, riz, maïs, fonio, …). Les greniers Dogon sont étroits, de forme carrée ou ronde, avec une structure en bois recouvert de torchis et isolée du sol, et généralement une toiture de chaume ou simplement en terrasse (voir photos).
La serrure est surmontée d'une autruche (ogotanala) ou d'une cigogne (l'arrivée des cigognes coïncide avec la saison des pluies). Associés à cet animal, les petits seins, placés en haut à droite de la serrure, symbolisent la fertilité des cultures. Les motifs situés à droite du volet, de forme pyramidale, représentent de manière abstraite les champs cultivés et leurs sillons. Les volets protègent le contenu des greniers essentiellement par leur présence symbolique. Sculpté par le forgeron du village pour le hogon (chef spirituel et religieux) et les notables, les volets sont un des éléments majeurs de l'art Dogon.
Ce volet provient de la partie abandonnée de l'ancien village d'Ireli, située juste au pied des falaises. Pour des raisons pratiques d'accessibilité au cultures, et les Dogon n'ayant plus besoin d'une protection naturelle contre les invasions, un nouveau village s'est construit courant du 19ème siècle en bas des éboulis. Depuis, seuls les sanctuaires et les guérisseurs demeurent dans la partie abandonnée du village. Cette partie est généralement considérée comme sacrée et inaccessible.


Origine : Mali (Ireli, région des falaises de Bandiagara)
Type : Eléments d'architecture
Ethnie : Dogon
Matière : Bois brun clair à tonalité ocre, patine d'usage

2922

Volet de grenier Dogon

Ce volet de grenier, à l'iconographie riche et complexe, est sculpté de quatre registres de motifs en chevrons symbolisant à la fois l'eau fécondatrice des cultures et la descente sur terre des ancêtres nommo sous forme de pluie. Deux autres registres sont décorés de X et de motifs circulaires. Les X symbolisent les quatre éléments, les points cardinaux, et la place de l'homme dans l'univers. Les motifs circulaires, plus rares, peuvent symboliser la pluie, mais aussi la graine de engendrée par le dieu créateur amma, et à l'origine de toute vie sur terre. Amma, pour créer l'univers, décida de mélanger différentes graines, et de les fondre dans un mouvement continu. De ce mouvement naîtra la graine de . Le brassage d'amma à l'intérieur de la graine entraîna les vibrations de la matière originelle, et le monde naîtra de la fermentation de ces graines dans l'œuf d'amma. L'œuf se changea en placenta, et donna naissance au premier être vivant, un poisson (le nommo anagonno). La répétition, mais aussi l'alternance, des motifs sculptés sur le volet peut signifier un mouvement perpétuel de la matière.
Sur la partie droite sont représentés six personnages, quatre féminins et deux masculins. Il pourrait s'agir de quatre ancêtres, nommo androgynes, associés aux quatre couples de nommo mixtes ancêtres de l'humanité (chaque paire étant elle-même associée à un élément : l'air est symbolisé par amma serou, la terre par lebe serou, l'eau par binu serou et le feu par diogou serou). Les deux nommo mâles ne représenteraient que l'élément multiplicateur, lorsque amma sépara en deux les quatre âmes des nommo pour régénérer le monde, pour obtenir quatre paires de jumeaux mixtes. Outre cette hypothèse, ce volet pourrait figurer l'arche céleste envoyée par amma pour peupler la terre. La serrure figure une tortue d'eau (kiru), symbole du placenta d'amma dont les nommo sont issus.
Les volets protègent le contenu des greniers essentiellement par leur présence symbolique, ils ne sont donc pas systématiquement munis d'une serrure. D'ailleurs, à ce titre, la serrure peut être considérée comme un ajout symbolique plutôt qu'une réelle protection mécanique. Ce volet protégeait très certainement le grenier d'un hogon, guide spirituel et religieux d'un ou plusieurs villages. Le hogon détient un rôle essentiel dans la société Dogon : il est le médiateur, rend la justice, contrecarre les actes de sorcellerie, et harmonise les relations entre les hommes, les différents ancêtres et les esprits de la nature. Mais avant tout, le hogon est le dépositaire de la mémoire collective.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Village de Yougo Dogorou, falaises de Bandiagara)
Type : Eléments d'architecture
Ethnie : Dogon
Matière : Bois brun foncé très dense, patine d'usage croûteuse par endroits

4280

Volet de grenier Dogon

Ce volet de grenier à grains est sculpté de deux crocodiles, animaux symbolisant à la fois l'eau fécondatrice des cultures et défendant contre les voleurs. Le crocodile (ayo) est l'un des animaux totémiques des Dogon vivant dans les falaises de Bandiagara. On le retrouve aussi bien représenté sur les volets, que sur les poteaux de case, les portes, ou les serrures de case ou de grenier. Le crocodile représente l'ancêtre binu serou. De même, binu serou symbolise l'un des quatre éléments : l'eau (l'air étant symbolisé par amma serou, la terre par lebe serou, et le feu par diogou serou). Ce volet était très probablement posé sur un grenier appartenant à un prêtre du binu (culte dédié aux ancêtres fondateurs et protecteurs du lignage).

Les volets protègent le contenu des greniers essentiellement par leur présence symbolique, ils ne sont donc pas systématiquement munis d'une serrure. D'ailleurs, à ce titre, la serrure peut être considérée comme un ajout symbolique plutôt qu'une réelle protection mécanique. Ceci explique la raison pour laquelle les volets sculptés de motifs ou de représentations n'en ont que rarement, et pourquoi la plupart des volets « simples » sont pourvus d'une serrure. Sculpté par le forgeron du village pour le hogon (chef spirituel et religieux) et les notables, les volets sont un des éléments majeurs de l'art Dogon. La surface ravinée de celui-ci est le signe d'une très grande ancienneté (probablement entre le 16ème et le 18ème siècle).


Origine : Mali (Village de Banani, cercle de Bandiagara)
Type : Eléments d'architecture
Ethnie : Dogon
Matière : Bois brun clair très dense, patine de surface ravinée et croûteuse par endroits

4282


Eléments d'architecture • Tellem • Mali
 

Volet de grenier Tellem

Ce petit volet de grenier est sculpté d'un crocodile ou d'une tortue sur sa partie supérieure, et d'un registre de quatre nommo (celui de droite étant extrêmement érodé). Le crocodile (ayo) représente l'ancêtre binu serou. De même, binu serou symbolise l'un des quatre éléments : l'eau (l'air étant symbolisé par amma serou, la terre par lebe serou, et le feu par diogou serou). Si il s'agit d'une tortue (kiru), elle symbolise dans ce cas le placenta des nommo. Les motifs en chevrons bordant la partie supérieure symbolisent l'eau et la fertilité, ainsi que les vibrations de la matière originelle dans le placenta d'amma. La présence de quatre nommo figure l'un des épisodes du mythe Dogon de la création du monde (le tihinle). Il peut s'agir de quatre ancêtres, nommo anagonno androgynes, associés aux quatre couples de nommo mixtes ancêtres de l'humanité (chaque paire étant elle-même associée à un des quatre éléments). Trois de ces nommo anagonno prirent la forme d'un poisson, et le quatrième (ogo) deviendra le renard pâle. Amma sépara en deux les quatre âmes des nommo pour régénérer le monde, et obtenir ainsi quatre paires de jumeaux mixtes. Ce volet était posé sur un grenier Tellem, dans la partie abandonnée de l'ancien village de Teli (voir photos). Les greniers Tellem sont généralement de petite taille, nichés dans les moindres failles de la falaise.
Les volets protègent le contenu des greniers essentiellement par leur présence symbolique, ils ne sont donc pas systématiquement munis d'une serrure. D'ailleurs, à ce titre, la serrure peut être considérée comme un ajout symbolique plutôt qu'une réelle protection mécanique.
14ème / 15ème siècle.


Origine : Mali (Village de Teli, falaises de Bandiagara)
Type : Eléments d'architecture
Ethnie : Tellem / Dogon
Matière : Bois brun foncé très dense, patine de surface ravinée

4269


Masques et cimiers • Afikpo • Nigéria
 

Masque Afikpo

Ce masque était en usage dans la principale société secrète masculine des Afikpo, et participait, suivant son importance, à ses rituels d'initiation. Incarnation de l'esprit du dieu egebele, il dansait lors d'une fête masquée annuelle appelée okumkpa ou okonkwo.
Constitué d'une partie conique projetée vers l'avant, et d'une palette ajourée de motifs en chevrons vers le haut, ce masque était porté sur le visage par un danseur costumé. La partie supérieure pourrait évoquer le couteau à ignames, et la partie inférieure perpendiculaire une machette utilisée autrefois comme arme. Par sa richesse de construction et sa taille importante, ce masque correspondait sans doute à un grade élevé de l'initiation. L'audace géométrique, propre aux Afikpo, est ici complétée d'une très belle patine d'usage témoignant de sa grande ancienneté. La grande majorité de ces masques ont été détruis à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle, lors de conflits coloniaux et de la conversion des quelques villages restant à l'islam. Les villages Afikpo étaient à l'origine peu nombreux (une vingtaine), il est donc d'autant plus rare de pouvoir rencontrer un masque de ce type.
19ème siècle.

Provenance : Collection Yves Develon, Paris, 1993


Origine : Nigéria (Région du Bas Niger et de la Cross River)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Afikpo / Igbo (Ibo)
Matière : Bois, ancienne patine d'usage

2964

Masque Afikpo

Ce masque était en usage dans la principale société secrète masculine des Afikpo, et participait, suivant son importance, à ses rituels d'initiation. Incarnation de l'esprit du dieu egebele, il dansait lors d'une fête annuelle appelée okumkpa ou okonkwo, ainsi que lors des cérémonies liées aux récoltes ou aux funérailles.
Constitué d'une partie arrondie projetée vers l'avant, et d'une palette ajourée de motifs en chevrons vers le haut, ce masque était porté sur le visage par un danseur costumé. La partie supérieure pourrait évoquer le couteau à ignames, et la partie inférieure perpendiculaire une machette utilisée autrefois comme arme. Par sa richesse de construction et sa taille importante, ce masque correspondait sans doute à un grade élevé de l'initiation. L'audace géométrique, propre aux Afikpo, est ici complétée d'une très belle patine d'usage témoignant de sa grande ancienneté. La grande majorité de ces masques ont été détruis à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle, lors de conflits coloniaux et de la conversion des quelques villages restant à l'islam. Les villages Afikpo étaient à l'origine peu nombreux (une vingtaine), il est donc d'autant plus rare de pouvoir rencontrer un masque de ce type.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Nigéria (Région du Bas Niger et de la Cross River, Uzouwani)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Afikpo / Igbo (Ibo)
Matière : Bois, ancienne patine d'usage, pigments naturels

4301

Masque Afikpo

Ce masque mma ji était en usage dans la principale société secrète masculine des Afikpo, et participait, suivant son importance, à ses rituels d'initiation. Incarnation de l'esprit du dieu egebele, il apparaissait lors d'une fête masquée annuelle appelée okumkpa ou okonkwo. Fête durant laquelle était célébré l'obtention d'un titre par un homme du village, déterminant ainsi le prestige et le rang de l'individu au sein de la société. Ce type de masque pouvait également se produire lors de cérémonies liées aux récoltes ou aux funérailles.

La protubérance en forme de serpe plate pourrait évoquer le couteau à ignames. L'audace géométrique, propre aux Afikpo, est ici complétée d'une très belle patine d'usage témoignant de sa grande ancienneté. La grande majorité de ces masques ont été détruis à la fin du 19ème siècle et au début du 20ème siècle, lors de conflits coloniaux et de la conversion des quelques villages restant à l'islam. Les villages Afikpo étaient à l'origine peu nombreux (une vingtaine), il est donc d'autant plus rare de pouvoir rencontrer un masque de ce type.
19ème siècle.


Origine : Nigéria (Région du Bas Niger et de la Cross River)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Afikpo / Igbo (Ibo)
Matière : Bois, ancienne patine d'usage brun foncé et noire, fibres végétales

5242


Masques et cimiers • Bamana (Bambara) • Mali
 

Couple de cimiers Tyi Wara

Le cimier tyi wara (ou chi wara), fixé sur la tête du danseur à l'aide d'un panier d'osier, était l'attribut d'une société initiatique dont les principes fondamentaux sont d'harmoniser la vie communautaire, la fertilité des cultures et la place de l'Homme au sein du cosmos. Lors de ces cérémonies rituelles, le masque, alors inerte et profane, devenait l'attribut d'un danseur costumé qui lui donnait vie et parole. Car ce n'est qu'au travers du mouvement, et du porteur plus particulièrement, que le masque trouve son efficacité et son sens.

Les tyi wara étaient portés lors des cérémonies agricoles, et dansaient généralement en couple. Représentant des antilopes très stylisées, mâle et femelle, ils sont décorés de stries et de motifs en chevrons, les yeux incrustés de verre, et les cornes sont finement torsadées. Symbole de fécondité, les tyi wara expriment l'art de rendre une terre fertile ; symbole des origines de l'Homme, ils prennent également le sens de la création de l'univers par analogie des symboles et des mythes.
Probablement 19ème siècle.

Dimension femelle (cm) : 66, 5 x 41 ; dimension mâle (cm) : 73, 5 x 43


Origine : Mali (Région de Kayes)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, tissus, cauris, pigments naturels, vannerie, très belle patine d'usage

2297

Masque Bamana

Ce très beau masque animalier représente un buffle. Le traitement monumental des cornes, ainsi que la géométrie harmonieuse des oreilles partant du mufle, donnent à cet objet une symétrie parfaite. Ce masque était utilisé en cas de mauvaise récolte ou de sécheresse par la société secrète kore. La géométrie de ce masque, extrapolant les formes à la perfection, est un moyen de sublimer le concept même de la représentation animale.
Le kore, dont l'obtention supposait l'acquisition de nombreuses connaissances d'ordre spirituel, était le grade le plus élevé des six sociétés secrètes d'initiation (dyow). Ces connaissances étaient censées permettre aux hommes d'entrer en relation avec les puissances divines et d'accéder à un cycle de réincarnations sans fin. Pour parvenir à ce niveau, les membres de la société kore devaient se soumettre à des rites longs et douloureux, y compris à une mort et une résurrection symboliques. Les néophytes se répartissaient entre les huit classes du kore, chacune ayant un emblème différent et révélant un aspect spécifique des pratiques religieuses. Leur statut de surhomme les autorisait, en certaines occasions, à ne pas tenir compte des conventions sociales.

Sa grande ancienneté, sa rareté, et son style font de cet objet une pièce majeure de l'expression artistique Bamana.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Bougouni)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, profonde patine brune, patine sacrificielle

2084

Masque Bamana Kore

Ce très ancien masque était utilisé dans le cadre des rites initiatiques de la société secrète kore, et lors des cérémonies agricoles. La forme du visage est oblongue, et la sculpture a été réalisée dans un style Bamana très clairement identifiable.

Ce type de masque est assez rare d'un point de vue stylistique et iconographique : la rangée de cornes, avec un personnage sculpté au milieu (probablement faro, la déesse mère de l'eau), est un thème assez commun aux masques n'tomo d'une autre des sociétés initiatiques Bamana. Pour autant, il semblerait que ce masque représente une hyène, animal totémique de la société kore.
Le kore, dont l'obtention supposait l'acquisition de nombreuses connaissances d'ordre spirituel, était le grade le plus élevé des six sociétés secrètes d'initiation (dyow). Ces connaissances étaient censées permettre aux hommes d'entrer en relation avec les puissances divines et d'accéder à un cycle de réincarnations sans fin. Pour parvenir à ce niveau, les membres de la société kore devaient se soumettre à des rites longs et douloureux, y compris à une mort et une résurrection symboliques. Les néophytes se répartissaient entre les huit classes du kore, chacune ayant un emblème différent et révélant un aspect spécifique des pratiques religieuses. Leur statut de surhomme les autorisait, en certaines occasions, à ne pas tenir compte des conventions sociales.

Probablement milieu du 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Ouelessebougou)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois à belle et ancienne patine d'usage

2518

Masque Bamana Kore

Ce très ancien masque était appelé kore suruku. Il était utilisé dans le cadre des rites d'initiation de la société kore, et lors des cérémonies agricoles. Ce type de masque est très rare d'un point de vue stylistique et iconographique. Il représente et symbolise la hyène, animal totémique de cette société secrète, mais aussi d'autres animaux plus difficilement identifiables. La présence de longues oreilles pourrait symboliser komo, génie aux pouvoirs surnaturels qui lui permettent d'entendre le moindre son, et lui-même emblème d'une autre société secrète.
Le kore, dont l'obtention supposait l'acquisition de nombreuses connaissances d'ordre spirituel, était le grade le plus élevé des six sociétés secrètes d'initiation (dyow). Ces connaissances étaient censées permettre aux hommes d'entrer en relation avec les puissances divines et d'accéder à un cycle de réincarnations sans fin. Pour parvenir à ce niveau, les membres de la société kore devaient se soumettre à des rites longs et douloureux, y compris à une mort et une résurrection symboliques. Les néophytes se répartissaient entre les huit classes du kore, chacune ayant un emblème différent et révélant un aspect spécifique des pratiques religieuses. Leur statut de surhomme les autorisait, en certaines occasions, à ne pas tenir compte des conventions sociales.

La patine, finement grenelée par endroits, recouvre partiellement les motifs incisés sur le pourtour et le front. Ces motifs (cercles et chevrons imbriqués) sont très probablement liés à la fertilité, ainsi qu'aux divinités de l'eau (faro) et de la terre (mouso koroni). Mouso koroni koundyé, en copulant avec le serpent cobra, donna naissance au tyi wara, divinité mi-humaine mi-animale qui apprit aux hommes à cultiver la terre.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Koutiala)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois à belle et ancienne patine d'usage

2977

Masque Bamana Kore

Ce très ancien masque Bamana (appelé kore suruku ou nama koroni koun) représente une hyène. Il s'agit de l'un des animaux totémiques de la sixième société secrète et initiatique des Bamana : la société kore. La hyène était admirée pour sa force et sa ruse. Ce masque était utilisé pour appeler les esprits protecteurs lors des funérailles et de certains rites agraires.

Le kore, dont l'obtention supposait l'acquisition de nombreuses connaissances d'ordre spirituel, était le grade le plus élevé des six sociétés secrètes d'initiation (dyow). Ces connaissances étaient censées permettre aux hommes d'entrer en relation avec les puissances divines et d'accéder à un cycle de réincarnations sans fin. Pour parvenir à ce niveau, les membres de la société kore devaient se soumettre à des rites longs et douloureux, y compris à une mort et une résurrection symboliques. Les néophytes se répartissaient entre les huit classes du kore, chacune ayant un emblème différent et révélant un aspect spécifique des pratiques religieuses. Leur statut de surhomme les autorisait, en certaines occasions, à ne pas tenir compte des conventions sociales.

19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali (Région de Kolondieba, Bougouni)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, très belle patine brune d'usage, réparations anciennes

4325

Masque Bamana N'Golo

Ce masque anthropo-zoomorphe était utilisé dans le cadre des rituels d'initiation de la société secrète kore, lors d'une cérémonie appelée n'golo. Il servait d'intermédiaire entre les ancêtres, le monde de l'au-delà, et le monde des vivants. Les traces de résine, principalement sur le front et les cornes, indiquent que ce masque était probablement décoré de cauris ou de graines.

Mi-humain, mi-antilope, le visage est profondément recueilli afin d'attirer les vibrations des « spectateurs » et d'apporter le pouvoir au danseur (voir vidéo jointe). Lors de cette cérémonie rituelle, le masque, alors inerte et profane, devenait l'attribut d'un danseur costumé qui lui donnait vie et parole. Car ce n'est qu'au travers du mouvement, et du porteur plus particulièrement, que le masque prouve son efficacité.
19ème siècle.


Origine : Mali
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, ancienne patine d'usage et traces de résine végétale

5133

Masque Bamana N'Tomo

Ce très ancien masque, probablement du 19ème siècle, était utilisé dans le cadre des rites d'initiation de la société n'tomo. La forme du visage est ovale, les yeux en « tube » et le nez forme une longue arrête rejoignant la bouche.
Ce type de masque est extrêmement rare d'un point de vue stylistique et iconographique.


Origine : Mali (Région de Koutiala)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, profonde patine d'usage

2179

Masque Bamana N'Tomo

Ce masque, d'un type peu courant, est identifiable à ceux utilisés dans le cadre des rites initiatiques de la société n'tomo. La représentation de la coiffe à cornes multiples est spécifique aux masques n'tomo, mais l'une des particularités de celui-ci est de figurer ces cornes dans un large ovale. Une autre spécificité est la figuration d'un oiseau posé, ailes écartées, sur le front (voir photo jointe), la queue figurant l'arrête du nez. Ce masque est également décoré de placages de métal à différents endroits, y compris sur le corps de l'oiseau, ainsi que d'anneaux en laiton sur le pourtour.

Utilisé lors des rituels d'initiation et des cérémonies agricoles, il était porteur de la force spirituelle et protectrice du lignage. Lors de ces cérémonies, le masque, alors inerte et profane, devenait l'attribut d'un danseur costumé qui lui donnait vie et parole. Car ce n'est qu'au travers du mouvement, et du porteur plus particulièrement, que le masque trouve son sens premier et son efficacité.

Ce masque est exceptionnel tant par ses dimensions et son exécution rigoureuse que par sa parfaite symétrie.
Probablement 19ème siècle.


Origine : Mali
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois à belle et ancienne patine d'usage, noire et brillante aux angles, ajouts de métal

5319

Masque cimier Tyi Wara

Ce très beau cimier sogoni kun (communément appelé tyi wara) représente de façon abstraite une antilope portant sur son dos ses deux petits (trois paires de cornes). En usage dans les fêtes agraires de la société initiatique et secrète tyi wara des jeunes agriculteurs, cet objet (décoré de petits cercles incisés) avait pour fonction de favoriser les récoltes. Ce masque dansait lors de cérémonies ayant lieu au début et à la fin du cycle agricole.

Le cimier sogoni kun, fixé sur la tête à l'aide d'un panier d'osier, était l'attribut de la cinquième des six sociétés initiatiques des Bamana (dyow), la société tyi wara, dont les principes fondamentaux sont d'harmoniser la vie des hommes, la fertilité des cultures et la place de l'Homme au sein du cosmos. Le corps représente l'antilope hippotragus (dega) qui, selon la mythologie des Bamana, aurait offert aux hommes la première céréale. Symbole de fécondité, le sogoni kun exprime l'art de rendre une terre fertile ; symbole des origines de l'Homme, il prend également le sens de la création de l'univers par analogie des symboles et des mythes.
Probablement 19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali (Région de Bougouni)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Bamana (Bambara)
Matière : Bois, patine brune d'usage

2385


Masques et cimiers • Bashilele (Lele) • République dém. du Congo (Zaïre)
 

Masque Bashilele

Les Bashilele vivent au sud-ouest du Kasaï, au nord des groupes ethniques Pende et Tshokwe, les Kuba se situant quant à eux plus à l'est du fleuve. Inconnus des occidentaux qui ne les découvrirent qu'en 1907, leur territoire actuel s'étend sur les terres occupées jadis par les pygmées. Souvent assimilés aux Kuba, dont ils ont adopté de nombreuses coutumes, les Bashilele ont pourtant su préserver leur identité culturelle propre. Les masques Bashilele sont rares, la plupart sont assez plats, les yeux très bridés, avec une petite bouche ronde et une sorte d'excroissance au niveau des tempes. Leur statut et leur fonction sont à ce jour mal connus. Toutefois, il semblerait que ces masques apparaissent lors des danses accompagnant les cérémonies funéraires des chefs du clan, et à l'occasion des cérémonies annuelles fondatrices. Le rôle joué par les clans fondateurs du lignage est primordial lors de ces cérémonies, auxquelles participent également les membres de la société ndai des chasseurs et ceux de la société secrète des devins (oracle itombwa).
Empreint d'une grande sensualité, ce masque est sans doute l'un des plus émouvants de cette exposition. Les yeux mi-clos sont accentués par des lignes suivant les paupières, et renforçant ainsi le regard. La polychromie est constituée de pigments rouge, blanc, noir et jaune. Le masque est entièrement décoré de motifs géométriques minutieux, parfois fondus les uns aux autres ou ajoutés en couches successives au fil du temps.
Probablement milieu ou fin du 19ème siècle.


Origine : République dém. du Congo (Zaïre) (Région sud du Kasaï)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Bashilele (Lele)
Matière : Bois à belle et ancienne patine d'usage, pigments naturels

4360


Masques et cimiers • Bini • Nigéria
 

Masque Bini

Ce masque facial appartient à la société ekpo, et dansait principalement lors des festivités de l'igname. Il représente un chef ou une personne de haut rang social. Les cornes partant du sommet du front, prolongeant ainsi l'arrondi du visage, symbolisent la fertilité. Notons un petit oiseau sculpté, et surajouté entre les cornes.

Probablement 19ème siècle.


Origine : Nigéria (Région de Iyekhoriomo)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Bini
Matière : Bois dur, patine croûteuse par endroits, grise et brune sur le front, le reste est blanchi au kaolin, traces d'indigo autour des yeux

5393


Masques et cimiers • Bolon • Burkina Faso
 

Masque Bolon Koufen

Ce masque était utilisé par la société secrète dwo (dont les rites initiatiques sont très proches de ceux des sociétés dyow des Bamana, ou du poro des Senoufo) lors de cérémonies et de compétitions agricoles. Cette société est organisée autour d'un ordre hiérarchique d'initiations dont les degrés de connaissances sont complexes et ésotériques. Après une période de sept années permettant d'accéder à la seule initiation, elle est constituée d'une division interne en cinq grades d'âges, le plus élevé ne pouvant être accessible qu'après avoir fait l'apprentissage de toutes les étapes de l'initiation. Ce masque ne pouvait être porté qu'à partir du troisième niveau de l'initiation. Le premier stade est marqué par la mort symbolique du candidat, sa résurrection le lendemain étant suivie d'une retraite hors du village.

Ce masque, très ancien, était à l'origine entièrement recouvert de feuilles de métal repoussé (traces des clous de fixation et des décors en chevrons imprimé dans le bois).
Probablement 18ème siècle ou antérieur.


Origine : Burkina Faso (Région ouest et frontière du Mali)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Bolon
Matière : Bois brun très dense micro fissuré, manques apparents

2939


Masques et cimiers • Dan • Côte d'Ivoire
 

Masque Dan

Ce masque de danse et de réjouissance est attribué aux Mandé du sud. Son style est assez atypique : la bouche est arrondie, les yeux mi-clos et les deux lignes partant du front donnent à ce masque un sentiment de force et de sérénité intense.

Très probablement fin du 19ème siècle.


Origine : Côte d'Ivoire (Région sud-ouest)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Dan (Mandé)
Matière : Bois brun clair, cauris, résine végétale, tissu et patine d'usage

2369

Masque de course Dan

Ce masque, figurant un visage humain idéalisé, est d'un style Dan classique : le visage est ovale, les yeux sont circulaires et le front est légèrement bombé. Le nez et la bouche sont particulièrement marqués. Il s'agit d'un masque de course porté par les jeunes gens du village lors des concours organisés à la saison sèche (tankagle). Ce masque participait aux rites initiatiques de passage à l'âge adulte des sociétés secrètes masculines (ge bon). Incarnant les esprits de la forêt, il servait avant tout à renforcer l'ordre communautaire et à préserver la paix.

Exceptionnellement, la surface du masque n'est pas lisse, mais comme ébauchée. La patine, ainsi que l'usure des trous de fixation sont la preuve d'un usage long et ancien.

Probablement 19ème siècle ou antérieur.


Origine : Côte d'Ivoire (Région de Man)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Dan
Matière : Bois brun foncé très dur, patine d'usage

2379

Masque de course Dan

Ce masque, figurant un visage humain idéalisé, est du style Diomandé (Mandé du sud) : le visage est ovale, souligné de trois profondes incisions, les yeux sont circulaires et le front est légèrement bombé. La bouche est particulièrement marquée, et rehaussée d'un ancien fragment de tissu. Incarnant les esprits de la forêt, ce type de masque servait avant tout à renforcer l'ordre communautaire et à préserver la paix.
Ce masque de course était porté par les jeunes gens du village lors des concours organisés pour eux (tankagle), à la saison sèche, et participait aux rites initiatiques de passage à l'âge adulte des sociétés secrètes masculines (ge bon). La patine, ainsi que l'usure des trous rectangulaires de fixation sont la preuve d'un usage long et ancien. Le travail de taille, particulièrement visible à l'intérieur du masque, est un véritable cas d'école (voir photo). Ce masque est d'une très grande ancienneté, et très spectaculaire par son expression et sa pureté stylistique.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Côte d'Ivoire (Danané, région du sud-ouest)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Dan (Diomandé)
Matière : Bois, très ancienne patine d'usage, fragment de tissu

2914


Masques et cimiers • Dogon • Mali
 

Masque antilope Dogon

Ce très ancien masque antilope (appelé ka ou karanda) était utilisé lors des cérémonies commémoratives du dama. Pour guider les morts vers le monde des ancêtres et rétablir l'ordre du monde des vivants, ces cérémonies ont lieu toutes les cinq années. Il était accompagné de centaines d'autres danseurs masqués formant ainsi une représentation abstraite de l'environnement du peuple Dogon. Le masque antilope est admiré pour sa beauté et la puissance de ses performances, ainsi que pour son agilité. L'antilope mythique walu avait été chargée par le dieu amma de protéger le soleil du renard yourougou, qui espérait alors retrouver dans son rayonnement sa sœur jumelle yasiguini. Après de nombreux échecs, le renard creusa dans le sol des trous pour y faire tomber l'antilope. Malgré les soins qui lui furent prodigués par les nommo, elle succomba à ses blessures. La légende dit que le masque walu fut sculpté pour lui rendre hommage. Les cérémonies du dama ont un lien étroit avec le culte des ancêtres (et la mort), ainsi qu'avec l'équilibre de l'univers.

Lors de ces cérémonies rituelles, le masque, alors inerte et profane, devenait l'attribut d'un danseur costumé qui lui donnait vie et parole. Car ce n'est qu'au travers du mouvement, et du porteur plus particulièrement, que le masque fait preuve de son efficacité. Il trouve alors son sens premier, celui du sacré, dans la parole des anciens.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali (Région de Yougo Piri)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, pigments d'origine, ancienne patine d'usage

4349

Masque Kanaga

Le masque kanaga appartient à la société initiatique masculine awa, étroitement liée au culte des ancêtres et aux cérémonies du dama. Pour les Dogon, ces rituels permettent d'accéder à la force vitale universelle et à la réincarnation d'un défunt. Lors de ces cérémonies, le masque, alors inerte et profane, devenait l'attribut d'un danseur costumé qui lui donnait vie et parole. Car ce n'est qu'au travers du mouvement, et du porteur plus particulièrement, que le masque fait preuve de son efficacité.

Il peut être interprété de différentes façons par les initiés, les danseurs et les spectateurs. Pour les uns, il représente l'oiseau kommolo tebu, pour d'autres, le crocodile, la vache, l'antilope, ou le forgeron sculpteur lui-même. Tout dépend de l'interprétation des attributs du danseur (coiffe, sacoche, bâton, costume, …) et de la façon dont le masque « danse ». L'interprétation symbolique de l'initié révèle le créateur, indiqué par la gestuelle du danseur dans le ciel et la terre. De même, une interprétation anthropomorphique de la partie supérieure du masque pourrait aboutir à la représentation du dieu amma lui-même. Ses bras représenteraient le ciel, ses jambes la terre, et le costume du danseur les vibrations de la matière originelle.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali (Région de Tireli, falaises de Bandiagara)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, pigments naturels, résine et fibres végétales, très ancienne patine d'usage

2318

Masque Kanaga

Le masque kanaga peut être interprété de différentes façons par les initiés, les danseurs et les spectateurs. Pour les uns, il représente l'oiseau kommolo tebu, pour d'autres, le crocodile, la vache, l'antilope, ou le forgeron sculpteur lui-même. Tout dépend de l'interprétation des attributs du danseur (coiffe, sacoche, bâton, costume …) et de la façon dont le masque « danse ». Alors inerte et profane, il devenait l'attribut d'un danseur costumé qui lui donnait vie et parole. Car ce n'est qu'au travers du mouvement, et du porteur plus particulièrement, que le masque trouve son efficacité et son sens.

Ce type de masque est attribué à la société masculine awa, étroitement liée au culte des ancêtres et aux cérémonies rituelles du dama. Pour les Dogon, ces cérémonies permettent d'accéder à la force vitale universelle et à la réincarnation d'un défunt. L'interprétation symbolique de l'initié révèle le créateur, indiqué par la gestuelle du danseur dans le ciel et la terre. De même, une interprétation anthropomorphique de la partie supérieure du masque pourrait aboutir à la représentation du dieu amma. Ses bras représenteraient le ciel, ses jambes la terre, et le costume du danseur les vibrations de la matière originelle.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Dogon
Matière : Très ancienne patine d'usage, pigments d'origine, restaurations indigènes

2327

Masque Kanaga

Le masque kanaga appartient à la société initiatique masculine awa, étroitement liée au culte des ancêtres et aux cérémonies du dama. Il est le seul masque fabriqué par les membres de cette société secrète. Pour les Dogon, les rituels du dama permettent d'accéder à la force vitale universelle et à la réincarnation d'un défunt. Pour guider les morts vers le monde des ancêtres et rétablir l'ordre du monde des vivants, ces cérémonies ont lieu toutes les cinq années. Lors de celles-ci, le masque, alors inerte et profane, devenait l'attribut d'un danseur costumé qui lui donnait vie et parole. Car ce n'est qu'au travers du mouvement, et du porteur plus particulièrement, que le masque fait preuve de son efficacité.

Il peut être interprété de différentes façons par les initiés, les danseurs et les spectateurs. Pour les uns, il représente l'oiseau kommolo tebu, pour d'autres, le crocodile, la vache, l'antilope, ou le forgeron sculpteur lui-même. Tout dépend de l'interprétation des attributs du danseur (coiffe, sacoche, bâton, costume, …) et de la façon dont le masque « danse ». L'interprétation symbolique de l'initié révèle le créateur, indiqué par la gestuelle du danseur dans le ciel et la terre. De même, une interprétation anthropomorphique de la partie supérieure du masque pourrait aboutir à la représentation du dieu amma lui-même. Ses bras représenteraient le ciel, ses jambes la terre, et le costume du danseur les vibrations de la matière originelle. La forme atypique et rare de ce masque laisse à penser qu'il pourrait s'agir d'un amba numa (« bras d'amma »). Les mouvements du danseur portant ce masque sont censés rappeler les gestes du dieu créateur amma au moment de la création du monde.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Mali (Région de Yougo Na, falaises de Bandiagara)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Dogon
Matière : Bois, pigments naturels, résine végétale, très ancienne patine d'usage

4308

Masque Satimbe

Le masque satimbe est surmonté d'un personnage féminin représentant yasiguini, figure mythique ayant découvert la fibre à l'origine des premiers masques. Selon la légende, yasiguini aurait ensuite transmis ces masques aux andoumboulou, premiers êtres humains créés par le dieu amma, prédécesseurs des Tellem et des Dogon dans la falaise. La mythologie relative à ce masque raconte que par la suite, les andoumboulou sculptèrent le satimbe à l'image de yasiguini pour l'honorer et la consacrer. Ce masque est considéré par les Dogon comme étant la réplique du masque mythique original.
Dans la mythologie Dogon, yasiguini, sœur jumelle de yourougou, le renard pâle, s'est mariée à trois des quatre ancêtres mythiques. Yasiguini signifie « femme du sigui », elle est aussi la « sœur des masques », et la seule femme admise dans la société des masques. Le sigui est une fête rituelle et commémorative ayant lieu tous les soixante ans. Ses rituels ont pour signification, parmi d'autres sens plus cachés, le renouvellement des cycles de la vie (les rites et commémorations s'espacent sur sept années : trois années pour la mort, suivies de quatre pour la vie). Il s'agit de la seule cérémonie pour laquelle tous les masques dansent. La participation d'un homme aux rituels du sigui l'autorise, après sa mort, à bénéficier des cérémonies funéraires du dama durant lesquelles le deuil est levé, et le mort élevé à un rang plus ou moins important du culte des ancêtres du clan (les morts anciens, le wagem, les morts récents, le bunon, et les ancêtres protecteurs, le narin). Pour guider les morts vers le monde des ancêtres et rétablir l'ordre du monde des vivants, ces cérémonies ont lieu toutes les cinq années.
Probablement milieu du 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Yougo Piri)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Dogon
Matière : Bois dur à patine foncée, partiellement croûteuse

4310


Masques et cimiers • Koulango • Côte d'Ivoire
 

Masque Koulango

Ce masque, exceptionnel et très rare, représente l'âme d'un défunt. Il était porté par les hommes de la société secrète kiemvé aux cérémonies du culte de l'igname et lors des rituels funéraires de ses membres. Lors de ces cérémonies, le masque, alors inerte et profane, devenait l'attribut d'un danseur costumé qui lui donnait vie et parole. Car ce n'est qu'au travers du mouvement, et du porteur plus particulièrement, que le masque fait preuve de son efficacité. Il trouve alors son sens premier, celui du sacré, dans la parole des anciens.
Les motifs du pourtour la coiffure sont complétés d'un bec de calao (appelé yangaleya), oiseau sacré et associé à la fertilité dans de nombreuses communautés. Animal mythique des premiers temps, il est aussi le protecteur de l'âme des défunts. Empreint d'une grande finesse, d'une évidente rigueur esthétique, mais aussi d'une grande sensualité, ce masque très émouvant peut être considérée comme l'un des chefs-d'œuvre de l'art méconnu des Koulango.
Probablement 19ème siècle ou antérieur.


Origine : Côte d'Ivoire (Région de Bondoukou)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Koulango (ou Ligbi)
Matière : Bois, patine d'usage, anciennes traces de kaolin autour des yeux, tissu

2975


Masques et cimiers • Kran • Côte d'Ivoire
 

Masque de justice

Les Kran et les Guere (Wè) se situent dans la région sud-ouest de la Côte d'Ivoire et au sud du Libéria, et appartiennent au groupe Krou (pour les distinguer des populations de culture Mandé, comme les Dan).
Ce masque, dont la mâchoire est articulée, servait de justicier et protégeait le village des mauvais esprits. Plus il était effrayant, plus sa parole était crainte et respectée. Lors de festivités, il transmettait la volonté des ancêtres tutélaires à l'ensemble de la communauté villageoise. Il permettait également de faire payer les dettes, de s'opposer aux adultères, et de veiller sur les mères et leurs enfants.


Origine : Côte d'Ivoire (Région du Cavally, limitrophe du sud Libéria)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Kran (Guere (Wè), groupe Krou)
Matière : Bois, ancienne patine d'usage, fibres végétales, tissu

2972


Masques et cimiers • Kurumba • Burkina Faso
 

Masque antilope Kurumba

Sculpté d'une seule pièce de bois, ce masque antilope est empreint d'une grande finesse et d'une évidente rigueur esthétique. Remarquable par la taille de ses cornes, ce masque était admiré par les Kurumba pour sa beauté et la puissance de ses performances. Il dansait essentiellement lors des festivités agricoles qui avaient lieu au début et à la fin de l'hivernage. Comme pour leurs voisins Dogon, il pourrait également avoir été utilisé lors de cérémonies funéraires pour transporter les âmes défuntes hors du village.

Lors de ces cérémonies rituelles, le masque, alors inerte et profane, devenait l'attribut d'un danseur costumé qui lui donnait vie et parole. Car ce n'est qu'au travers du mouvement, et du porteur plus particulièrement, que le masque fait preuve de son efficacité. Il trouve alors son sens premier, celui du sacré, dans la parole des anciens.
Fin du 19ème / début du 20ème siècle.


Origine : Burkina Faso (Région de Djibo, frontalière du Mali)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Kurumba
Matière : Bois brun clair érodé, patine d'usage, polychromie et réparations anciennes

4313


Masques et cimiers • Malinke • Mali
 

Masque Malinke N'Tomo

Ce masque, d'un type peu courant, est attribuable aux Malinke, un groupe voisin des Bamana et ayant adopté les rites initiatiques de la société n'tomo. La représentation de la coiffe à cornes multiples est spécifique aux masques n'tomo, mais l'une des particularités de celui-ci est de figurer ces cornes dans un large ovale.

Utilisé lors des rituels d'initiation et des cérémonies agricoles, il était porteur de la force spirituelle et protectrice du lignage. Lors de ces cérémonies, le masque, alors inerte et profane, devenait l'attribut d'un danseur costumé qui lui donnait vie et parole. Car ce n'est qu'au travers du mouvement, et du porteur plus particulièrement, que le masque trouve son sens premier et son efficacité.

Ce masque est exceptionnel tant par son exécution compacte et rigoureuse que par sa parfaite symétrie.
Probablement 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Kayes)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Malinke
Matière : Bois à belle et ancienne patine d'usage, noire et granuleuse

2549


Masques et cimiers • Marka Soninké • Mali
 

Masque Kore

Ce masque est attribuable aux Marka Soninké, et était utilisé par une société secrète d'initiation appelée kore (dont les principaux rituels d'initiation sont partagés avec leurs voisins Bamana). Les « tresses » partant des joues sont recouvertes de métal repoussé, et la coiffe est constituée de deux « cornes » partant du haut du front.

Ce masque, très finement sculpté et au visage serein, était à l'origine recouvert entièrement de plaques de laiton.
18ème / 19ème siècle.


Origine : Mali (Région de Kouri, limitrophe avec le Burkina Faso)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Marka Soninké
Matière : Bois et forte patine d'usage, laiton et pigments naturels

2269


Masques et cimiers • Nuna • Burkina Faso
 

Masque hyène Nuna

Ce masque représente une hyène, animal totémique des Nuna. Il est sculpté de motifs géométriques, et de cercles concentriques autour des yeux. La forme du masque et les motifs géométriques constituent les éléments d'un système de communication basé sur les symboles. Ceux-ci varient non seulement d'un groupe à l'autre, mais aussi au sein d'un même village. Pour le profane, ils représentent les esprits de la brousse (su) agissant comme intermédiaires entre les ancêtres et l'humanité. Aux yeux des initiés, le masque prend un sens plus profond : il est un rappel de l'ordre social, politique et religieux propre à sa communauté.
Ce masque était utilisé pour apporter fertilité, santé et prospérité à la communauté et à son détenteur. Il dansait pour éloigner les mauvais esprits, et participait aux différentes cérémonies initiatiques et funéraires. Sa très grande ancienneté suggère que ce masque sacré était sans doute utilisé comme un autel dédié à l'esprit divin de su.


Origine : Burkina Faso (Région située entre la Volta Rouge et la Volta Noire)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Nuna / Gurunsi
Matière : Bois brun micro fissuré, belle et ancienne patine sacrificielle granuleuse

2944


Masques et cimiers • Pende • République dém. du Congo (Zaïre)
 

Masque Pende

Dans le large éventail des masques Pende, les caractéristiques anthropomorphes et zoomorphes sont souvent liées. Les losanges latéraux du masque panya ngombe symbolisent les oreilles du buffle, animal qui lui-même a sa propre association.

Les Pende sculptent plusieurs types de masques, la plupart du temps associés aux rituels d'initiation. Les masques des Pende orientaux incarnent les forces héréditaires et servent d'intermédiaires avec le monde des esprits. Ils sont traditionnellement peints en rouge, noir et blanc, et décorés de petits triangles incisés.

Fin du 19ème / début du 20ème siècle.

Provenance : Acquis de Paul Rutten, Amsterdam


Origine : République dém. du Congo (Zaïre)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Pende (Orientaux)
Matière : Bois, très belle patine d'usage, suintante par endroits, ancienne polychromie

5377

Masque Pende

Dans le large éventail des masques Pende, les caractéristiques anthropomorphes et zoomorphes sont souvent liés. Les Pende sculptent plusieurs types de masques, la plupart du temps associés aux rituels d'initiation. Les masques des Pende orientaux incarnent les forces héréditaires et servent d'intermédiaires avec le monde des esprits.

19ème siècle.

Provenance :
Acquis d'une collection privée, Amsterdam
Ancienne collection Alex Arthur, Brussels


Origine : République dém. du Congo (Zaïre)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Pende (Orientaux)
Matière : Bois, très belle patine d'usage, ancienne polychromie, restauration indigène

5417


Masques et cimiers • Senoufo • Côte d'Ivoire
 

Masque Senoufo Kpelie

Ce masque kpelie (kpeli-yehe) était utilisé par la société secrète du poro pour leurs rituels d'initiation et lors des funérailles. Il représente à la fois la beauté de la femme, la fertilité, et exprime la peine ressentie pour le défunt (voir vidéo jointe). Les masques en laiton étaient utilisés pour la danse, tout comme ceux en bois. Lors de ces cérémonies rituelles, le masque, alors inerte et profane, devenait l'attribut d'un danseur costumé qui lui donnait vie et parole. Car ce n'est qu'au travers du mouvement, et du danseur plus particulièrement, que le masque fait preuve de son efficacité. Il trouve alors son sens premier, celui du sacré, dans la parole des anciens et des initiés.

Ce masque, aux traits fins et symétriques, est surmonté de cornes et décoré de différents motifs. Ceux partant du bord des yeux, le long des ailes du nez, figurent les larmes. La patine, ainsi que l'usure des trous de fixation témoignent d'un usage ancien.


Origine : Côte d'Ivoire (Région de Korhogo, Nord de la Côte d'Ivoire)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Senoufo
Matière : Laiton, ancienne patine d'usage

5359

Masque Senoufo Wanyugo

Les masques wanyugo sont portés lors des cérémonies funéraires de la société initiatique du poro, et permettent au défunt d'entrer au royaume des esprits. Leur rôle est en fait de protéger le village des esprits malveillants et de la sorcellerie, et de préserver la communauté du malheur et des maladies. Originaire du « bois sacré », sanctuaire des ancêtres et des esprits de la brousse, ce masque était porté par un initié du poro. Cette association, très puissante, et dont les dignitaires parlent une langue secrète, joue un rôle essentiel dans la vie communautaire. Elle tisse des liens de fraternité et d'assistance entre les membres d'une même classe d'âge et d'un même grade (le poro étant divisé en trois grades, eux-mêmes divisés en plusieurs échelons).
Ce masque puise sa force dans une association iconographique complexe : la robustesse du buffle, la sagesse de l'antilope, l'agressivité du phacochère, et la puissance du crocodile. Cet objet est exceptionnel tant par la vigueur de son exécution que par sa petite taille. La patine met clairement en évidence sa grande ancienneté et son usage rituel (voir vidéo jointe).

Provenance : Collection Yves Develon, Paris, 1991


Origine : Côte d'Ivoire
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Senoufo
Matière : Bois, ancienne patine sacrificielle croûteuse, fragments de tissu

2965


Masques et cimiers • Teke • République dém. du Congo (Zaïre)
 

Masque Teke

Très proche stylistiquement des masques faciaux utilisés lors des danses kidumu par les Tsaayi, cet objet présente une forme et des motifs interprétés comme des symboles lunaires. Toutefois, et contrairement aux rares exemplaires répertoriés, ce masque n'était pas destiné à être porté sur le visage. Constitué de deux parties discoïdes distinctes, séparées par une profonde entaille biseautée sur tout le pourtour, et réunies par une sorte d'anse permettant un accrochage suspendu, ce masque était probablement un masque de case. Il aurait pu être utilisé également comme masque de torse, mais la patine présente sur la face arrière ne révèle pas de traces de frottement, mais au contraire une épaisse patine fumée et croûteuse. La face avant est elle constituée d'une patine sacrificielle épaisse et très incrustée. Notons également la représentation d'un nez dédoublé.

Probablement 19ème siècle.

Littérature : « Masques Africains de la collection Barbier-Mueller », 1997, 2000, Adam Biro, Paris, p. 190.


Origine : République dém. du Congo (Zaïre) (Région de l'Ogooué)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Teke (ou Tsaayi)
Matière : Bois très dense, épaisse et ancienne patine sacrificielle sur le devant, patine fumée et érodée sur l'arrière

5316


Masques et cimiers • Yaka • République dém. du Congo (Zaïre)
 

Masque d'initiation Yaka

Chez les Yaka, les cérémonies d'initiation marquant le passage des jeunes enfants à l'âge adulte s'accompagnent de nombreuses danses masquées au moment du retour des initiés. Pour célébrer la fin de cette période d'apprentissage, des festivités sont organisées pour signifier la fin du cycle, et de nouveaux masques sont alors sculptés.
L'initiation mukhanda, qui inclue les rituels de circoncision, est un élément essentiel de la vie des Yaka et un passage obligé pour tous les jeunes adultes. A cette occasion, les cérémonies ont lieu dans un endroit isolé appelé mukhanda-mu-msitu. Les rituels sont organisés par les deux principales sociétés secrètes, ngoni et yiwilla.
Ce masque (mwelo ou m-bawa) a été sculpté pour ces rituels d'initiation. Il est pourvu à la base d'une poignée de préhension dissimulée par la chevelure en fibre de raphia. Le forgeron (muumbwa) a la charge de réparer et de sculpter de nouveaux masques pour chaque nouvelle cérémonie de circoncision. Les masques dansent alors par paires ou en groupes, excepté celui porté par le maître de cérémonie qui danse seul. Tous participent, mais les masques distinguent le maître de cérémonie, le sculpteur, les ritualistes, des jeunes initiés eux-mêmes. Les couleurs utilisées sur le masque (le blanc du kaolin et le rouge du tukula) renverraient à la notion d'androgynie, à cette période de transition dans laquelle se trouve l'initié, ainsi que son accès à la procréation. Les masques les plus courants, ceux des initiés, sont appelés kholuka et sont surmontés de personnages ou de scènes de la vie quotidienne. Le masque présenté étant zoomorphe (appelé mpakasa, il devait susciter la peur des initiés), il aura très probablement été porté par un maître enseignant pour qui ce type de masque était réservé.
19ème ou début du 20ème siècle.


Origine : République dém. du Congo (Zaïre) (Région du fleuve Kwango, sud-ouest du Zaïre)
Type : Masques et cimiers
Ethnie : Yaka
Matière : Bois, canevas, raphia, tissu enduit de résine, pigments naturels, ancienne patine d'usage

4357


Objets ethnographiques • Bozo • Mali
 

Tabouret Bozo

Ce petit et très ancien tabouret a été collecté en pays Bozo. Les traces évidentes de son usage, sur le dessus de l'assise et les montants, suggèrent qu'il a effectivement été utilisé pour s'asseoir. Sa petite taille laisse supposer qu'il aurait pu être destiné à l'usage d'une femme ou d'un enfant, ou bien d'un piroguier. Ce siège est magnifique par la symétrie et la finesse de sa sculpture, et par sa très ancienne patine d'usage (probablement 19ème siècle ou antérieur).

Les Bozo vivent essentiellement sur les rives du fleuve Niger, à proximité de leurs voisins Dogon. Ils sont la plus ancienne population implantée dans cette région du Mali. La plupart d'entres eux sont pêcheurs ou piroguiers. Leurs ressources proviennent de la pêche, ainsi que du transport fluvial (denrées alimentaires, animaux, transport de voyageurs). D'autre part, depuis plusieurs siècles, les Bozo détiennent le quasi monopole du transport des plaques de sel en provenance des mines situées au nord du Mali, à Taoudeni (voir photo). Ces plaques sont transportées par les Bozo, qui prennent alors le relais des caravanes Touareg venant du désert, de Tombouctou à Bamako, et parfois même beaucoup plus loin.


Origine : Mali (Région de Mopti)
Type : Objets ethnographiques
Ethnie : Bozo
Matière : Bois beige clair très dense, patine d'usage

2547


Objets ethnographiques • Bwa • Burkina Faso
 

Tabouret de femme Bwa

Chez les Bwa, ce tabouret, comme d'autres biens personnels, était intimement associé à l'esprit de sa propriétaire. L'usage qui en était fait, au cours des décennies, ne faisait que renforcer ces liens étroits ; de telle sorte qu'au décès de sa propriétaire, le tabouret était placé sur l'autel familial et servait d'interface pour communiquer avec l'âme du défunt.

Les femmes ont des tabourets qui invariablement ont quatre pieds, alors que ceux des hommes n'en ont que trois. Dans de nombreux pays d'Afrique, les nombres quatre et trois sont associés au sexe féminin d'une part, et au sexe masculin d'autre part. Ce tabouret aux lignes gracieuses est pourvu d'une poignée ornée d'une tête (voir vidéo jointe), avec une coiffure semi-circulaire terminée par une tresse, et repose sur quatre pieds coniques. La patine est à l'évidence la trace d'un usage presque séculaire.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Burkina Faso (Région de Dedougou)
Type : Objets ethnographiques
Ethnie : Bwa
Matière : Bois dur, ancienne et profonde patine d'usage

5350


Objets ethnographiques • Lobi • Burkina Faso
 

Tabouret Lobi

Chez les Lobi, ce tabouret, comme d'autres biens personnels, était intimement associé à l'esprit de son propriétaire. L'usage qui en était fait, au cours des décennies, ne faisait que renforcer ces liens étroits ; de telle sorte qu'au décès de son propriétaire, le tabouret était placé sur l'autel familial et servait d'interface pour communiquer avec l'âme du défunt.

Les femmes ont des tabourets qui invariablement ont quatre pieds, alors que ceux des hommes n'en ont que trois. Dans de nombreux pays d'Afrique, les nombres quatre et trois sont associés au sexe féminin d'une part, et au sexe masculin d'autre part. Ce tabouret aux lignes gracieuses est pourvu d'une longue poignée projetée vers l'avant, et dont la patine est à l'évidence la trace d'un usage presque séculaire.
19ème siècle ou antérieur.


Origine : Burkina Faso (Région sud-ouest de la Volta Noire)
Type : Objets ethnographiques
Ethnie : Lobi (ou Dagari)
Matière : Bois beige clair très dense, très ancienne patine d'usage

4278


Objets ethnographiques • Touareg • Mauritanie
 

Piquet Touareg

Dans le désert saharien, le bois est un des matériaux les plus rares et donc des plus précieux. Il est utilisé à la confection de piquets et de poutrelles pour les tentes des tribus nomades, ainsi qu'à la réalisation de l'armature des lits, des récipients et de la vaisselle. Taillé de telle façon qu'il puisse être facilement planté dans le sable, il pourrait avoir été utilisé pour suspendre des sacoches de cuir. La partie supérieure est très élaborée, sculptée de motifs semi-circulaires, triangulaires et en forme de